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Israël/Iran : démêler le vrai du faux

Attention aux fausses rumeurs concernant les événements au Moyen-Orient et leurs conséquences sur les marchés financiers. 

Deux exemples.

Au cours du week-end, on a pu lire sur les réseaux sociaux que l’Iran aurait fermé le détroit d’Ormuz. C’est faux, comme les images satellites le prouvent. C’est techniquement compliqué – distance de 31 km. Enfin, ce n’est pas dans l’intérêt de Téhéran car cela va juste provoquer l’ire de la Chine et de l’Inde, ses deux principaux clients, qui sont dépendants de cette voie de passage pour les hydrocarbures.

Beaucoup d’analyses sont simplistes. Des responsables israéliens ont indiqué par voie de presse envisager de viser les raffineries iraniennes si Téhéran cible les civils israéliens. Dans la foulée, des analystes se sont empressés de revoir leurs prévisions de cours du baril de pétrole à la hausse, vers 100 dollars, et même au-delà.  Attention, il est question de raffineries et non pas de terminaux ou de champs pétroliers. C’est très différent. Si les raffineries sont endommagées, cela va surtout provoquer des files d’attente monstres dans les stations-services en Iran et fragiliser davantage l’économie du pays. Cela n’aura pas d’effets notables sur les capacités exportatrices de l’Iran.

Ce que l’on sait :

  • Le tabou de l’attaque du programme nucléaire iranien est brisé sans provoquer de vague de protestation mondiale, à l’exception de la Russie et de la Chine.
  • Israël n’a frappé que la partie la plus symbolique du programme nucléaire iranien sans chercher à détruire, du moins à ce stade, l’ensemble de ce programme. Cela suppose qu’une voie diplomatique au règlement du conflit, sous l’égide des États-Unis, est toujours envisagée.
  • Si Israël a attaqué, c’est qu’il dispose d’un stock suffisant de missiles antimissiles pour faire face aux missiles balistiques iraniens de longue portée dont le nombre a forcément été réduit.

Ce que l’on ne sait pas :

Clausewitz parlait de brouillard de la guerre. Nous y sommes. Il est impossible de savoir la réaction de l’Iran dans les jours à venir. Des bases américaines dans le Golfe pourraient être visées directement ou via des proxys. Téhéran pourrait aussi décider de sortir du Traité de Non-Prolifération, annoncer l’enrichissement à +90% et franchir le seuil nucléaire.

Quelle réaction des marchés ?

Dès mercredi dernier, des achats de calls sur le VIX ont eu lieu. Le WTI a flambé de +12% tandis que l’attrait pour l’or s’est confirmé avec une hausse de +2% sur les cinq dernières séances. Les actions de la défense ont continué leur envol, à l’image de la société israélienne Elbit Systems (+9%). Rien d’anormal. Et à plus long terme ? Les études sur le sujet montrent que les marchés aiment se faire peur. L’étude de référence de Guidolin et La Ferrara, publiée en 2010, analyse 28 conflits internationaux et leur impact sur l’indice MSCI World. C’est sans appel. Deux ont provoqué une réaction négative importante des actions tandis que trois, dont la guerre en Irak en 2003, ont entraîné une hausse des actions. Dans une large majorité des cas, les conflits militaires ont eu un effet proche de zéro sur les actions. Ce sont des non-évènements, largement commentés, mais sans conséquences durables sur les bourses. Sauf surprise, ça devrait également être le cas pour la guerre opposant Israël à l’Iran. 

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