Commentaire de marchés par Gianluca Lobefalo, Analyste senior, Varenne Capital Partners
Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé son taux de dépôt inchangé à 2,25 %, tout en conservant une orientation clairement restrictive. Le Conseil des gouverneurs a souligné que l’incertitude restait élevée et que les effets inflationnistes de la recrudescence des tensions au Moyen-Orient ne s’étaient pas encore pleinement manifestés. Plutôt que d’annoncer la fin du cycle de resserrement monétaire, la BCE a réitéré son approche « réunion par réunion », dépendante des données, les marchés continuant de considérer le mois de septembre comme la date la plus probable pour une nouvelle hausse des taux.
Ce statu quo offre également l’occasion de revenir sur les origines de l’objectif d’inflation de 2 %, désormais universellement adopté. Contrairement à une idée reçue, la Nouvelle-Zélande (premier pays à avoir mis en place un système officiel de ciblage de l’inflation) ne visait pas initialement 2 %. En 1990, la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a adopté une fourchette d’inflation de 0 à 2 %, conçue comme une définition pratique de la stabilité des prix plutôt que comme le résultat d’un modèle économique précis. Ce n’est que plus tard que ce cadre a évolué vers une fourchette de 1 à 3 %, le point médian de 2 % devenant le point d’ancrage opérationnel.
À mesure que le ciblage de l’inflation s’est généralisé à l’échelle mondiale, la plupart des banques centrales se sont progressivement alignées sur le même objectif. Moyennant quoi, l’objectif de 2 % est devenu la norme internationale non pas parce qu’il représentait un niveau théoriquement optimal, mais parce qu’il s’est révélé efficace pour ancrer les anticipations d’inflation, tout en offrant une flexibilité suffisante pour éviter la déflation et préserver l’efficacité de la politique monétaire.
La temporisation de la BCE rappelle que la crédibilité d’une banque centrale repose en fin de compte sur le maintien de ce point d’ancrage. Même si l’inflation s’atténue, les décideurs politiques restent réticents à assouplir leur politique monétaire prématurément, alors que les développements géopolitiques continuent de faire peser des risques à la hausse sur les perspectives d’inflation.


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