Commentaire de Nicolas Heusicom, Investment Specialist, et Ilya Vercammen, Chief Strategist chez Puilaetco

Fin du cycle de resserrement monétaire
La Réserve fédérale américaine a baissé son taux directeur de 25 points de base aujourd’hui, à un taux de 4-4,25 %. Cette décision, largement attendue par les marchés, intervient après la dernière baisse de taux datant de décembre 2024. Ce faisant, la Fed réagit aux signaux d’affaiblissement du marché du travail américain, clairement visibles suite aux dernières données publiées et aux révisions baissières sur les chiffres de l’emploi annoncés il y a peu.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a explicitement qualifié cette décision de « gestion de risques ». Ce faisant, il a souligné que la réduction visait à gérer de manière proactive les risques d’un ralentissement économique plus aigu et d’une hausse du chômage, avant que la situation ne se détériore davantage.
Les prévisions données par la Fed (le fameux « dot plot ») montrent que la majorité des membres s’attendent à deux autres baisses de taux avant la fin de 2025 (une en octobre et l’autre en décembre), et une supplémentaire en 2026.
Des avis divergents au sein de la Fed
On remarque d’ailleurs une disparité prononcée dans les avis des différents membres de la Fed en ce qui concerne la trajectoire des taux en 2026. Évidemment, tout l’enjeu est de trouver un équilibre entre la lutte contre l’inflation (qui est toujours au-dessus du niveau cible des 2%) et la protection du marché du travail…un exercice pas simple.
En ce qui concerne la baisse de taux fraichement décidée, celle-ci fut par contre quasi unanime (c’était un point d’attention suite au dernier meeting où 2 gouverneurs auraient préféré déjà commencé à baisser les taux). Un seul membre a décidé de voter différemment (sans surprise) : Stephen Miran, conseiller économique de l’administration Trump et récemment nommé gouverneur de la Fed, a voté pour une baisse plus importante de 50 points de base.
La Fed en a aussi profité pour réviser ses attentes économiques en augmentant ses prévisions de croissance et d’inflation à la hausse.
Les répercussions sur les marchés financiers
Les actions ont réagi positivement : le S&P500 a eu tendance à perdre du terrain directement après l’annonce de la Fed mais a vite récupéré ses pertes – un mouvement de reprise haussier qui se transmet d’ailleurs sur les valeurs européennes en ce jeudi matin.
Le dollar américain a perdu du terrain : ayant déjà fortement reculé en amont du meeting, il est allé toucher les 1,19 suite à la réunion de la Fed, avant de récupérer ses pertes et de se stabiliser au-dessus des 1,18. Nous continuons de penser que celui-ci pourrait à continuer à perdre de la valeur vis-à-vis de l’euro, notamment au vu des différentes baisses de taux anticipées dans les prochains mois. Les écarts de taux d’intérêt avec d’autres régions se réduisent. Malgré l’incertitude politique en France et une récente dégradation de la note de crédit, l’euro reste remarquablement résistant.
Quel est l’impact sur notre positionnement stratégique ?
Au niveau de notre positionnement sur le marché obligataire, nous maintenons notre préférence pour les obligations d’État à court terme et les obligations européennes par rapport aux obligations américaines, compte tenu de la dynamique inquiétante de la dette et de la hausse des charges d’intérêt aux États-Unis. Les obligations à long terme offrent des opportunités sélectives, mais restent sensibles à l’inflation et aux risques budgétaires.


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