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Dans un contexte où les stratégies passives ont gagné en popularité ces dernières années, la gestion active retrouve aujourd’hui toute sa pertinence, notamment dans l’univers obligataire. Pour Wernhard Kublun, Senior Investment Specialist – Fixed Income chez J. Safra Sarasin, il est temps de rappeler les avantages d’une approche active. « Une stratégie passive a certes sa place, mais elle ignore souvent des risques fondamentaux qu’un gestionnaire actif peut identifier et éviter. »

Une stratégie passive consiste à répliquer la composition d’un indice obligataire, sans tenir compte de la qualité des émetteurs sous-jacents. Cela revient à allouer davantage de capital aux emprunteurs les plus endettés. « C’est là tout le problème », souligne Kublun. « Une approche passive accorde plus de poids aux émetteurs les plus endettés, sans considération pour leur solvabilité. »

À l’inverse, les gestionnaires actifs peuvent prendre des décisions discrétionnaires basées sur une analyse fondamentale approfondie. Cette flexibilité est particulièrement cruciale dans certains segments comme les obligations à haut rendement, les obligations d’entreprises des marchés émergents ou les obligations bancaires Additional Tier 1 (AT1), où les inefficiences sont fréquentes.

« Le marché du high yield, moins liquide et plus dispersé, offre des opportunités aux gestionnaires capables d’identifier les anomalies de valorisation », explique Kublun. « Nous pouvons éviter proactivement les entreprises dont la qualité de crédit se détériore, ce que ne permettent pas les stratégies passives. »

Les obligations d’entreprises des marchés émergents présentent d’autres défis : transparence limitée, volatilité accrue, sensibilité aux risques géopolitiques. « Les gestionnaires actifs disposent d’outils pour analyser les risques propres à chaque région et réagir rapidement à l’évolution des marchés », ajoute-t-il.

Quant aux obligations AT1, introduites après la crise financière, leur complexité structurelle exige une lecture attentive. « Deux AT1 émis par la même banque peuvent avoir des caractéristiques très différentes. Seule une gestion active permet de sélectionner les titres les plus favorables aux investisseurs », précise Kublun.

Si les stratégies passives séduisent par leurs faibles coûts, elles manquent de flexibilité face aux imprévus. « Les marchés changent rapidement. La gestion active apporte la souplesse, la réactivité et le discernement nécessaires pour naviguer dans un environnement complexe », conclut Kublun.

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