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Résultat des élections

Christofer Govaerts, économiste en chef

  1. Une véritable victoire « landslide » pour le Parti libéral-démocrate (LDP), qui signe ainsi le meilleur résultat électoral jamais obtenu par une formation politique dans le Japon d’après-guerre.
  2. Sous la direction de la Première ministre Mme Takaichi, le LDP entre à la Chambre des représentants avec une supermajorité de 352 sièges sur 465, soit 68 % du total.

Réaction des marchés financiers

  1. L’ensemble des segments financiers ont réagi de manière globalement prévisible au résultat des élections.
    • La bourse japonaise a progressé d’environ 4 %,
    • le Nikkei franchissant pour la première fois de son histoire le seuil symbolique des 55 000 points.
    • Les rendements obligataires ont poursuivi leur tendance haussière observée ces derniers mois.
    • Enfin, le yen japonais (JPY) s’est légèrement apprécié.

Défis majeurs : inflation, politique budgétaire et géopolitique

  1. Bien que la voie semble désormais ouverte à des réformes institutionnelles et à de nouvelles politiques « libérales » — Mme Takaichi étant parfois surnommée la « Margaret Thatcher japonaise » —, l’accès à une éventuelle gloire politique est loin d’être garanti. Cela s’explique par :
    • l’environnement économique actuel,
    • les annonces récentes,
    • les promesses formulées durant la campagne électorale,
    • ainsi que l’évolution du contexte géopolitique.

Inflation

  1. Le Japon sort d’une période de forte inflation, laquelle s’est récemment modérée pour repasser sous la barre des 3 %. Toutefois, des divergences importantes subsistent entre les différentes composantes :
    • L’inflation alimentaire a constitué un point particulièrement sensible durant la campagne, notamment avec une hausse des prix des céréales de +11 %.
    Afin de contenir davantage l’inflation, le gouvernement envisage de supprimer la taxe de consommation sur l’alimentation (actuellement à 8 %), ce qui réduirait l’inflation d’environ 1 point de pourcentage. Par ailleurs, l’inflation salariale, même selon les standards japonais, connaît également un regain notable.

Politique budgétaire et fiscalité

  1. Les annonces récentes et la proposition fiscale actuelle auront des conséquences importantes sur les finances publiques.
    • Le déficit budgétaire japonais atteint aujourd’hui 4,6 % du PIB.
    En novembre dernier, le gouvernement avait déjà annoncé son intention de lancer un plan de relance de 135 milliards USD, soit plus de 3 % du PIB, mis en œuvre à partir de janvier. Le nouveau projet — la suppression temporaire de la TVA alimentaire pendant deux ans — représenterait une perte annuelle de recettes de 32 milliards USD, soit environ 0,8 % du PIB. Ainsi, la politique budgétaire redeviendrait clairement très expansionniste, alors même que la dette publique japonaise demeure extrêmement élevée :
    • dette brute : 258 % du PIB.
    Jusqu’à récemment, la Banque du Japon (BoJ) jouait un rôle central en tant qu’acheteur actif sur les marchés. Cependant, depuis l’an dernier, la BoJ s’est fortement retirée des achats nets d’actifs (immobilier, actions et obligations). Il est probable que cette tendance doive être inversée à nouveau.

Géopolitique

  1. Enfin, le contexte géopolitique constitue un défi majeur.
    • La conclusion d’un accord commercial avec les États-Unis s’est révélée difficile : en juillet 2025, un tarif final de 15 % a été instauré, contre 25 % initialement envisagés.
    Les premières étapes de la « Phase 1 » ont désormais été franchies, notamment autour du plan d’investissement japonais aux États-Unis, visant un montant total de 550 milliards USD. En parallèle, les relations avec la Chine demeurent très tendues, et se sont encore dégradées lorsque le Japon a récemment déclaré qu’une attaque militaire chinoise contre Taïwan serait interprétée comme une déclaration de guerre envers le Japon.
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