Surchauffe au Moyen-Orient

Commentaire de Nicolas Heusicom, Investment Specialist, et Ilya Vercammen, Chief Strategist chez Puilaetco
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont eu des répercussions directes sur les marchés financiers. Le prix du pétrole (Brent) a connu sa plus forte hausse intrajournalière de la dernière décennie et se situe désormais bien au-dessus de la barre des 70 dollars le baril, après être resté en dessous pendant des mois. L’or, souvent considéré comme une valeur refuge, a également progressé, tandis que les marchés boursiers n’ont enregistré qu’une légère baisse.
Bien que les risques géopolitiques n’aient historiquement qu’une influence temporaire sur les marchés, leur nature imprévisible inquiète néanmoins les investisseurs. Il faut s’attendre à de nouvelles phases d’escalade et de désescalade, qui pourraient entraîner une volatilité accrue sur les marchés.
En réponse à cette incertitude persistante, nous appliquons depuis plusieurs mois une allocation largement diversifiée entre les régions et les classes d’actifs. Nous avions acheté des quantités supplémentaires d’or, ce qui nous permet aujourd’hui de surpondérer cette valeur refuge. L’or offre une protection contre les risques géopolitiques et les incertitudes liées à la politique et au budget américains.
Les actions à faible volatilité font également partie de notre stratégie. Elles ont historiquement généré de meilleurs rendements en période de baisse des marchés. Nous conservons également nos positions dans les matières premières et les obligations indexées sur l’inflation, qui profitent de la hausse des prix de l’énergie. Dans certains fonds, lorsque la réglementation et le profil de risque des clients le permettent, nous utilisons des instruments de couverture qui prennent de la valeur lorsque les marchés actions américains baissent, ce qui contribue à limiter le risque du portefeuille.
Taux inchangés aux États-Unis
Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) n’a pas cédé à la nouvelle pression exercée par le président Donald Trump pour baisser les taux d’intérêt. Ceux-ci restent inchangés malgré des chiffres d’inflation inférieurs aux prévisions publiées la semaine dernière, cette baisse étant largement due à la baisse des prix de l’énergie et des voitures. Dans le même temps, le marché de l’emploi reste résilient, ce qui limite la probabilité d’une baisse immédiate des taux d’intérêt. La Fed souhaite probablement attendre plusieurs hausses de l’inflation avant d’envisager une première baisse des taux en septembre.
Par ailleurs, l’incertitude commerciale reste le thème dominant. La suspension des droits de douane réciproques décidée par Trump expire le 9 juillet. Seul le Royaume-Uni est parvenu à conclure un accord avec les États-Unis. Les États-Unis et la Chine ont certes conclu un accord-cadre, mais les détails restent vagues.
En résumé, les turbulences géopolitiques et l’incertitude commerciale font peser des risques importants sur les marchés mondiaux. C’est pourquoi nous continuons à privilégier des stratégies défensives telles que l’or, les actions à faible volatilité et la diversification des devises et en réduisant l’exposition au dollar américain qui reste sous pression.


