Le cours de l’or a chuté d’environ 5 % mardi, après avoir atteint la veille un nouveau record proche de 4 400 dollars l’once troy. En septembre, le métal précieux avait déjà progressé de 11 %, puis encore de 12 % en octobre, avant de subir cette brusque correction.

Selon Claudio Wewel, stratège et économiste auprès de la banque privée J. Safra Sarasin, « cette baisse s’explique principalement par des prises de bénéfices de la part des investisseurs, déclenchées par plusieurs facteurs ».
Il précise : « D’une part, les nouvelles politiques se sont récemment montrées un peu plus encourageantes. Le président Trump a laissé entendre plus tôt cette semaine qu’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine pourrait être conclu, même s’il restera probablement limité. Par ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté que le gouvernement américain envisage de réduire certains droits de douane, notamment sur les produits non fabriqués aux États-Unis. »
Ces informations ont redonné confiance aux marchés actions, réduisant ainsi l’appétit des investisseurs pour les valeurs refuges comme l’or. Dans le même temps, le dollar américain s’est renforcé. « Les marchés attendent également les nouveaux chiffres de l’inflation aux États-Unis », ajoute Wewel. « Si ces données s’avèrent supérieures aux attentes, les chances d’une baisse des taux d’intérêt diminueront, ce qui exerce une pression supplémentaire sur le cours de l’or. »
Des perspectives positives à moyen et long terme
Malgré la volatilité actuelle, Wewel reste confiant quant à l’évolution du métal jaune : « À moyen et long terme, les perspectives de l’or demeurent positives », affirme-t-il.
Les tensions géopolitiques restent élevées : la rencontre prévue entre Trump et Poutine à Budapest a été annulée, et une véritable résolution du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine semble encore lointaine.
De plus, l’or demeure sous-représenté dans de nombreux portefeuilles d’investissement. « Nous pensons que davantage d’investisseurs reviendront vers l’or et renforceront leurs positions », anticipe Wewel. Les banques centrales devraient également continuer à acheter de l’or afin de réduire leur dépendance au dollar américain. Enfin, l’intérêt croissant des émetteurs de stablecoins et le désengagement progressif de certains investisseurs vis-à-vis des cryptomonnaies pourraient encore soutenir le cours du métal précieux.


