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Entre tensions géopolitiques, inflation persistante et hausse des taux, les obligations à haut rendement continuent d’offrir des perspectives attractives pour les investisseurs capables de privilégier une gestion active et sélective.

L’année 2026 s’annonce particulièrement exigeante pour les gestionnaires d’actifs risqués. La guerre en Iran et ses répercussions sur les marchés de l’énergie, le retour des pressions inflationnistes, le risque de ralentissement économique ainsi que la remontée généralisée des taux longs, du Japon au Royaume-Uni, alimentent une forte volatilité sur les marchés financiers.

Pourtant, selon Gilles Frisch, directeur de la gestion High Yield chez Mandarine Gestion, le marché des obligations à haut rendement conserve de solides atouts et continue d’offrir des opportunités d’investissement intéressantes.

Une résilience remarquable face aux chocs récents

Les événements géopolitiques récents ont eu un impact relativement limité sur le segment High Yield. Lors du conflit en Iran, les obligations américaines à haut rendement n’ont reculé que d’environ 1 %, tandis que leurs homologues européennes ont enregistré une baisse de l’ordre de 2 %.

Par ailleurs, les taux de défaut demeurent historiquement faibles. Les rares incidents de crédit observés résultent généralement d’une dégradation progressive de la qualité financière des émetteurs, laissant aux gestionnaires le temps nécessaire pour ajuster leurs positions avant qu’une situation critique ne survienne.

Autre élément positif : après une période de ralentissement liée aux tensions géopolitiques, le marché primaire High Yield s’est progressivement rouvert. De nombreuses nouvelles émissions offrent aujourd’hui des rendements supérieurs à ceux disponibles sur le marché secondaire.

Dans ce contexte, les stratégies de portage (« carry ») continuent selon Mandarine Gestion de présenter un profil de rendement attractif malgré la volatilité.

Pourquoi privilégier le High Yield américain ?

Pour Gilles Frisch, une première conclusion s’impose : le marché américain du High Yield devrait continuer à surperformer son homologue européen dans les prochains trimestres.

Plusieurs facteurs soutiennent cette conviction. Le marché américain bénéficie d’une forte présence des secteurs de l’énergie, des matières premières et de l’exploitation minière, qui profitent directement de la hausse des prix du pétrole et des commodités. Ces secteurs sont largement absents du marché européen.

À cela s’ajoute l’émergence d’un nouveau segment de financement lié à l’intelligence artificielle, notamment pour les centres de données spécialisés et les infrastructures technologiques de nouvelle génération.

Enfin, l’économie américaine affiche une résilience supérieure à celle de la zone euro, confrontée à une croissance plus fragile.

Dans une allocation mondiale High Yield, une exposition significative aux États-Unis apparaît donc particulièrement pertinente.

Le marché primaire comme source de performance supplémentaire

Mandarine Gestion estime également que les investisseurs ont intérêt à conserver une certaine flexibilité afin de participer aux nouvelles émissions.

Depuis le mois d’avril, plusieurs opérations sur le marché primaire ont proposé des rendements compris entre 6 % et 8 %, alors que les indices High Yield affichent des rendements moyens situés entre 5 % et 6 %.

Maintenir une part de liquidités pour saisir ces opportunités pourrait ainsi permettre d’améliorer significativement le rendement global des portefeuilles.

Une gestion active du risque de crédit indispensable

Même si les défauts restent rares, l’environnement actuel justifie selon Mandarine Gestion une vigilance accrue.

La hausse des coûts énergétiques, l’augmentation des coûts de financement et les risques de ralentissement économique peuvent fragiliser certains émetteurs. Dans ce contexte, les gestionnaires doivent être prêts à réduire leur exposition dès les premiers signes de détérioration des fondamentaux.

Accepter une perte limitée aujourd’hui peut permettre d’éviter des pertes beaucoup plus importantes en cas de défaut futur.

Mandarine Global Target 2032 : une stratégie adaptée au nouvel environnement

Cette analyse a conduit Mandarine Gestion à lancer son nouveau fonds à échéance Mandarine Global Target 2032.

Le portefeuille adopte une approche mondiale avec une répartition actuelle proche de 50 % sur le marché américain du High Yield et 50 % sur le marché européen. Selon la société de gestion, le portefeuille vise actuellement un rendement brut actuariel compris entre 6 % et 6,5 % en euros à l’échéance de 2032.

La stratégie repose sur trois axes principaux :

  • Une exposition renforcée au segment noté « B » aux États-Unis, plus rémunérateur mais aussi plus risqué, bénéficiant des solides fondamentaux de l’économie américaine ;
  • Une approche plus prudente en Europe, privilégiant les obligations notées « BB » et les secteurs défensifs tels que les télécommunications, les services, l’immobilier et les institutions financières ;
  • Une participation active aux nouvelles émissions afin d’améliorer la diversification et le rendement moyen du portefeuille.

Le fonds applique également une politique stricte de diversification, avec un objectif d’au moins cent lignes et une exposition limitée à chaque émetteur.

L’intelligence artificielle, nouveau moteur des marchés du crédit

Au-delà des facteurs macroéconomiques, Mandarine Gestion identifie l’intelligence artificielle comme l’un des principaux thèmes d’investissement des prochaines années.

Les introductions en bourse attendues de sociétés telles que SpaceX, Anthropic ou OpenAI, ainsi que les investissements massifs des grands groupes technologiques, devraient entraîner des besoins de financement considérables pour les infrastructures numériques.

Selon Gilles Frisch, chaque dollar levé en capital pourrait permettre de générer deux à trois dollars supplémentaires de financement obligataire destinés à la construction de centres de données ou à l’acquisition de nouvelles capacités de calcul.

Cette dynamique pourrait alimenter un volume important de nouvelles émissions High Yield en 2026 et 2027.

Private Credit : un risque sous surveillance

Le marché du Private Credit revient également sur le devant de la scène après plusieurs opérations de rachats massifs observées ces derniers mois.

Toutefois, Mandarine Gestion considère que les conséquences directes pour le High Yield coté devraient rester limitées. L’impact principal pourrait provenir d’un transfert progressif des besoins de financement vers les marchés obligataires publics, entraînant une augmentation des volumes d’émissions High Yield.

Des perspectives toujours favorables malgré la volatilité

Si les marchés financiers restent confrontés à de nombreuses incertitudes, Mandarine Gestion estime que les obligations High Yield continuent d’offrir un couple rendement-risque attractif.

Dans un environnement marqué par davantage de volatilité, la réussite passera néanmoins par une gestion active, une forte diversification et une discipline rigoureuse dans la sélection des émetteurs.

Pour Gilles Frisch, la complexité actuelle des marchés ne réduit pas les opportunités ; elle renforce simplement l’importance de la sélection et de l’expertise des gestionnaires.

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