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Les performances des petites et moyennes capitalisations européennes ont été particulièrement décevantes durant les trois dernières années. Les plus petites capitalisations nous ont, en effet, habitués à surperformer les larges caps de façon historique. « Ce segment de marché a cependant connu une période compliquée avec des performances décevantes ces trois dernières années. Cela contraste avec l’historique de long terme de cette classe d’actifs », reconnaît Nelly Davies, gérante chez La Financière de l’Échiquier (LFDE).

Des qualités indéniables

Pourtant les petites et moyennes capitalisations ne sont pas dénuées d’intérêt. La majorité de leur chiffre d’affaires est orientée vers leur marché domestique ou l’Europe. Or, l’Europe recommence à prendre le lead grâce aux plans de relance annoncés dans plusieurs pays. « Ces entreprises sont aussi plus flexibles et sont souvent dirigées par leurs actionnaires. Elles opèrent généralement dans des niches de marché avec une vision stratégique de long terme. Ces sociétés dégagent habituellement une capacité bénéficiaire supérieure à celle du marché », précise Nelly Davies. Elles bénéficient aussi d’inefficiences de marché qui permettent de capturer les anomalies de valorisations.

Quel avenir pour les small et mid caps ?

Après une décote affichée durant les trois dernières années, ces sociétés vont-elles nous surprendre à nouveau en 2026 ? Ces sociétés commencent à se redresser après des hausses de taux d’intérêt qui les ont pénalisées et un ralentissement de la croissance qui leur a été préjudiciable. « Depuis fin 2024, les profils domestiques retrouvent un certain attrait. En cause, les droits de douane exigés par les Etats-Unis mais aussi le plan de relance en Allemagne. Aussi, on assiste depuis 2025 à une reprise des flux sur ces valeurs », constate cette gérante. Il est indéniable donc que ces valeurs restent attractives sur le long terme. Il faudra cependant faire preuve de patience. Les valorisations basses ne doivent pas non plus aveugler les investisseurs potentiels. « La politique américaine en matière de droits de douane et le regain de confiance dans l’économie européenne après les annonces de plans de relance ont entraîné une forte surperformance des valeurs domestiques en défaveur des valeurs exportatrices. Ce mouvement peut encore se poursuivre et, de ce point de vue, les petites valeurs, structurellement plus domestiques, peuvent constituer une opportunité. Attention néanmoins à ne pas payer trop cher les modèles de croissance et privilégier une approche diversifiée. », préconise Nelly Davies.

Des biais sectoriels et des préférences

Il y a cependant des biais sectoriels importants dans cette classe d’actifs comme les industrielles ou la tech. La Financière de l’Échiquier a défini alors quatre grands thèmes pour s’exposer à la souveraineté européenne. Il s’agit de la défense et la sécurité avec des sociétés actives dans l’aéronautique, la défense et les logiciels ou services informatiques. Le deuxième thème est l’indépendance énergétique avec notamment les énergies renouvelables et les services aux collectivités. Le troisième thème concerne les infrastructures et le secteur du transport. Le secteur de l’acier peut également être envisagé comme quatrième thème. « Nous mettons aussi un accent géographique plus particulièrement sur l’Allemagne. En effet, la réforme budgétaire allemande devrait être soutenue par des investissements majeurs, et certaines entreprises semblent bien positionnées pour en tirer parti », estime Nelly Davies. Si l’Europe tient ses promesses, cette classe d’actifs devrait donc retrouver des couleurs dès 2026.

Isabelle de Laminne

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