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Commentaire d’Ilya Vercammen, Chief Strategist chez Puilaetco

Alors que ces dernières semaines, les investisseurs se concentraient principalement sur les bons résultats des entreprises, la baisse des prix de l’énergie et l’espoir d’un apaisement des tensions géopolitiques, trois sources d’incertitude refont actuellement surface.

Tout d’abord, au Moyen-Orient, les timides espoirs d’un accord durable entre les États-Unis et l’Iran font face à une recrudescence des tensions. L’hypothèse selon laquelle une nouvelle désescalade était possible et que les cours du pétrole pourraient baisser en conséquence est remise en question. Les investisseurs semblent redevenir plus sensibles à la situation du détroit d’Ormuz qui reste crucial pour l’approvisionnement énergétique mondial. Les prix de l’énergie sont un bon baromètre du sentiment du marché. Ils influencent non seulement la croissance économique, mais aussi les anticipations d’inflation et, par conséquent, la politique des banques centrales. La récente remontée du prix du pétrole rappelle à quel point les développements géopolitiques peuvent occuper un rôle prépondérant dans le paysage économique.

Ensuite, une deuxième source d’incertitude provient d’un secteur qui, jusqu’à récemment, semblait voué aux bonnes nouvelles : celui des semi-conducteurs et de l’IA. Les performances exceptionnelles des entreprises du secteur ont soutenu les marchés boursiers mondiaux ces dernières années. Aujourd’hui, les investisseurs se montrent plus critiques. Même une croissance impressionnante des bénéfices ne suffit pas toujours à satisfaire les attentes très élevées. Cela entraîne des fluctuations de cours plus importantes, notamment sur des marchés comme la Corée du Sud et Taïwan, qui dépendent fortement du cycle des semi-conducteurs. La demande en data centers, en puces électroniques et en infrastructures numériques reste solide mais nous passons d’une phase d’optimisme quasi illimité à une phase où les investisseurs accordent davantage d’attention aux valorisations, à la rentabilité et au retour sur investissement.

À cela s’ajoute l’incertitude relative aux banques centrales. Alors qu’auparavant, les marchés recevaient souvent des signaux clairs concernant la future politique de taux d’intérêt, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. Cette semaine, les marchés se tournent particulièrement vers la Réserve fédérale américaine. Comme nous nous y attendions, la Fed a maintenu ses taux inchangés, mais qu’une hausse de 25 points de base est probable plus tard dans l’année. La combinaison d’une économie résiliente, d’un marché de l’emploi solide et d’une reprise potentielle des pressions inflationnistes due à la hausse des prix de l’énergie rend toutefois plus difficile l’évaluation de la future politique de taux d’intérêt et entraîne une volatilité accrue, tant sur les marchés obligataires que sur les marchés boursiers, ce qui nous amène à rester prudents.

Ailleurs également, la politique monétaire reste relativement restrictive. Nous prévoyons que la Banque centrale européenne maintiendra ses taux à leur niveau actuel, tandis que la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon devraient procéder à de nouvelles hausses de taux plus tard dans l’année. À l’échelle mondiale, la question clé est de savoir combien de temps les banques centrales devront poursuivre leur lutte contre l’inflation.

Le contexte actuel est plus complexe qu’au début de l’année

Les fondamentaux restent relativement solides : l’économie mondiale continue de croître, les bénéfices des entreprises se maintiennent et les investissements dans l’intelligence artificielle restent élevés. Mais les investisseurs doivent aussi tenir compte de la hausse des prix de l’énergie, des risques géopolitiques et d’un environnement de taux d’intérêt moins prévisible.

Attention donc à la diversification et la gestion des risques, non pas parce que les fondamentaux se détériorent, mais parce que l’incertitude quant à l’avenir s’accroit.

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