
L’économie américaine reste remarquablement solide malgré un léger ralentissement ces derniers mois. Les investissements dans l’intelligence artificielle demeurent un moteur essentiel de la croissance. Les grandes entreprises technologiques annoncent constamment de nouveaux projets liés à l’IA, ce qui stimule la productivité et représente une part croissante du PIB. De plus, les importants programmes de dépenses publiques récemment approuvés soutiendront la croissance en 2026. Nous prévoyons donc une accélération de l’activité économique au premier semestre 2026, et nous nous attendons également à ce que les actions continuent de surperformer les obligations, explique Philipp Bärtschi, Chief Investment Officer de la banque privée J. Safra Sarasin.
Parallèlement, la hausse des droits d’importation et l’incertitude entourant la politique commerciale américaine pèsent sur les bénéfices des entreprises et sur l’emploi. L’inflation demeure supérieure à l’objectif de la Réserve fédérale, mais elle n’augmente pas plus rapidement que prévu. La Fed devrait maintenir son approche prudente, en se concentrant principalement sur le marché du travail, et devrait à nouveau abaisser les taux d’intérêt en décembre pour soutenir la croissance.
Dans la zone euro, le secteur manufacturier reste faible, tandis que le secteur des services affiche des performances légèrement meilleures. L’incertitude politique, les droits de douane américains et la vigueur de l’euro continuent de peser sur les économies orientées vers l’exportation. Les indicateurs de confiance se sont légèrement améliorés en octobre, en partie grâce à la résolution temporaire de la crise politique en France. À moyen terme, les perspectives sont modérément optimistes, principalement parce que les dépenses budgétaires prévues en Allemagne devraient stimuler la croissance en 2026. Cependant, les investissements et les commandes industrielles demeurent faibles pour l’instant, les entreprises hésitant encore à augmenter leurs capacités de production.
Obligations – Des marchés à surveiller
En raison du ralentissement de la croissance de l’emploi aux États-Unis, les investisseurs s’attendent à ce que le taux directeur se situe autour de 3 % d’ici fin 2026. Cela correspond à la borne inférieure du taux neutre. Étant donné que les perspectives pour 2026 restent positives, nous voyons peu de marge pour de nouvelles baisses de taux. Cela signifie que le potentiel de baisse des rendements obligataires est limité.
En Europe, les pressions inflationnistes demeurent faibles, ce qui rend les obligations d’État quelque peu plus attractives. Nous privilégions actuellement les obligations de maturité intermédiaire. Bien que certains signes de tension apparaissent sur les marchés du crédit, nous ne voyons aucune raison structurelle de sous-pondérer les obligations d’entreprises. Néanmoins, une vigilance accrue reste conseillée.
Actions – La technologie reste le moteur de croissance
Les marchés actions mondiaux ont affiché de solides performances ces dernières semaines, en particulier dans les marchés émergents. Les actions américaines et européennes ont également enregistré de bons résultats, soutenues par des bénéfices d’entreprise meilleurs qu’attendu. Parmi les entreprises de l’indice S&P 500, plus des trois quarts ont publié leurs résultats trimestriels, et environ 80 % ont dépassé les attentes.
Les institutions financières et les entreprises technologiques se distinguent par des bénéfices robustes. Dans le secteur des technologies de l’information, la croissance des bénéfices reste la plus forte, portée par la tendance continue liée à l’intelligence artificielle. Cette tendance devrait rester le principal moteur de croissance des profits en 2026, même si les niveaux élevés d’investissement pourraient temporairement peser sur la rentabilité. D’autres secteurs devraient progressivement bénéficier de l’intégration de l’IA dans leurs modèles économiques. Il deviendra de plus en plus important d’identifier les « gagnants de l’IA » dans chaque secteur.
Stratégie d’investissement – Une prise de risque légèrement accrue
Après les fortes performances des marchés ces dernières semaines, nous avons légèrement augmenté notre exposition aux actions. Nous continuons de penser que les actions surperformeront les obligations. Bien que les marchés puissent être vulnérables à une correction après plusieurs mois de hausse, les perspectives globales restent positives, soutenues par des taux d’intérêt bas, des effets saisonniers et un environnement macroéconomique favorable.
Les risques commerciaux entre les États-Unis et la Chine se sont atténués grâce aux progrès des négociations. Nous maintenons une allocation régionale neutre et un positionnement équilibré entre les différents segments obligataires. Notre position en or reste inchangée, même si nous avons réalisé une partie des gains accumulés en octobre après la forte hausse des prix.


