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Après plusieurs années de trajectoire hésitante et une décote persistante du cours boursier, Quest for Growth (QfG) fait le grand ménage dans sa stratégie. La privak cotée en bourse, gérée par Capricorn Partners, annonce une profonde réorientation : exit les grandes valeurs cotées et retour à ce qui constituait autrefois le cœur du fonds : investir dans des entreprises de croissance innovantes, cotées et non cotées.
Dans le même temps, le conseil d’administration propose une réduction de capital de 18,7 millions d’euros, soit 1 euro par action. Cette opération se veut « non seulement une mesure financière, mais surtout un véritable redémarrage symbolique ».

Steven Levecke

Un exercice de réflexion

« C’est une requalification claire de Quest for Growth », déclare Steven Levecke, associé chez Capricorn et désormais responsable de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie.
« En tant qu’investisseur, il est aujourd’hui possible d’accéder sans difficulté aux grandes capitalisations via de nombreux ETF. Cela rend difficile pour un fonds comme Quest d’apporter encore une véritable diversification ou une valeur ajoutée. Nous avons donc choisi de revenir à notre mission initiale : investir dans de petites et moyennes entreprises de croissance, ainsi que dans des sociétés non cotées au profil technologique et innovant marqué. »

Selon Jos Peeters, fondateur et managing partner de Capricorn Partners, cette réorientation est le fruit d’un long processus de réflexion au sein du conseil d’administration.
« Depuis l’arrivée de notre nouvelle présidente, Lieve Creten, nous avons continuellement réfléchi à la meilleure manière de repositionner Quest. Cet exercice a duré plus d’un an. Ce que nous annonçons aujourd’hui n’est donc pas un virage soudain, mais la culmination de mois de réflexion stratégique », explique-t-il.

Un redémarrage tourné vers l’avenir

Pour Levecke, cette réorientation est motivée par la décote structurelle de l’action, devenue difficile à résorber.
« Cette discount irrite nos actionnaires depuis un certain temps », reconnaît-il. Ces derniers mois, la décote a oscillé entre 43 % et 45 %. « En modifiant la stratégie et en restituant une partie du capital, nous espérons regagner la confiance des investisseurs. C’est un redémarrage, mais aussi un nouveau point de départ. »

Peeters ajoute : « Nous avons un groupe très fidèle d’environ 10 000 petits actionnaires. Lors de notre barbecue des actionnaires en août, nous avons écouté attentivement leurs commentaires. Ils s’attendaient à un changement. Avec cette décision, nous apportons une réponse claire : nous redevenons un pur spécialiste de la croissance — plus petit, plus affûté, plus concentré. C’est la seule manière de continuer à créer de la valeur à long terme. »

Une réduction de capital raisonnée

La réduction de capital d’un euro par action, soit 18,7 millions d’euros au total, sera financée partiellement par la vente de positions dans des entreprises de plus grande taille et partiellement par la trésorerie existante.
Peeters nuance : « Nous deviendrons un peu plus petits, c’est vrai, mais cela reste gérable. Nous disposions déjà d’une position de trésorerie confortable. Et quand on constate que certaines participations cotées, comme Tubize, s’échangent avec 40 % de décote, il est plus rationnel de restituer ces fonds aux actionnaires. »

L’opération devra toutefois être approuvée par la FSMA, l’autorité belge des marchés financiers, ainsi que par les actionnaires. Une assemblée générale extraordinaire est prévue le 9 décembre 2025, avec une seconde convocation le 29 décembre, le quorum n’étant probablement pas atteint lors de la première. Après le délai légal de deux mois, le paiement pourrait intervenir fin février ou mars 2026.

Retour à l’essentiel

La réorientation implique que Quest for Growth réinvestira les fonds libérés dans le capital-risque et le capital de croissance, directement dans des entreprises ou via des fonds, en partie via les fonds Capricorn, en partie via des fonds externes.
« Nous voulons offrir aux investisseurs l’accès à des opportunités auxquelles ils n’ont généralement pas accès en tant que particuliers », précise Levecke. « En même temps, nous offrons la possibilité d’entrer et de sortir quotidiennement. C’est unique sur le marché du private equity. La plupart des fonds de ce type ont une durée de vie de dix ans ou plus, sans possibilité de sortie. Nous combinons donc ce potentiel de croissance avec la liquidité et un statut fiscalement avantageux. »

Jos Peeters ajoute que la structure de privak a été créée à l’origine pour orienter l’épargne vers l’économie productive. « Aujourd’hui, ce rôle est plus pertinent que jamais. Nous voulons réaffirmer cette mission historique. »

Levecke souligne également l’intérêt croissant des banquiers privés et des particuliers fortunés pour le private equity, souvent sans qu’ils mesurent la durée de blocage de leur investissement : « Chez nous, c’est différent. Si un investisseur a besoin de ses fonds, il peut simplement vendre ses actions. Cela rend Quest particulièrement attractif. »

Quant à la montée de nouveaux fonds belges de private equity, tels que Finhouse ou Altix, Peeters n’y voit pas une menace : « Au contraire. Nous les considérons comme des partenaires potentiels plutôt que comme des concurrents. Grâce à notre structure evergreen, nous pouvons reprendre des positions de fonds souhaitant sortir prématurément. Cela nous rend plus flexibles que les fonds classiques. »

Réduction des coûts

La stratégie d’investissement reste axée sur les trois piliers existants : Digital, Health et Cleantech.
« Ce sont des domaines où nous pouvons allier pertinence sociétale et rendement économique », insiste Peeters.
« L’intelligence artificielle appliquée à la santé, par exemple, n’en est qu’à ses débuts. C’est précisément ce type d’innovation à impact que nous souhaitons soutenir avec Quest. »

Quelques ajustements sont néanmoins prévus :

  • Les frais de gestion fixes versés à Capricorn Partners passeront de 1 % à 0,9 % du capital social à partir de 2026.
  • Le conseil d’administration s’engage à réduire le nombre d’administrateurs, ce qui contribuera également à abaisser les coûts.
    « C’est un signal clair : nous prenons au sérieux la maîtrise des frais opérationnels », affirme Levecke. « Dans un environnement où les rendements sont sous pression, l’efficacité est indispensable. »

Enfin, la politique de dividende sera adaptée. Jusqu’à présent, Quest for Growth distribuait au moins 90 % de son bénéfice, au-delà de l’obligation légale. Ce minimum passera désormais à 80 %.
Selon Peeters, il s’agit d’une évolution logique :
« Les 90 % avaient une raison fiscale spécifique lors du lancement, liée à la déduction RDT pour les actionnaires sociétés. Aujourd’hui, cela n’a plus lieu d’être. Nous voulons disposer de davantage de moyens pour réinvestir. L’objectif n’est pas de distribuer chaque année presque tout le bénéfice ; cela freine la croissance. »

Francis Muyshondt

Author Francis Muyshondt

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