Les placements ESG doivent, en principe, considérer de façon identique les trois critères que sont l’environnement, le social et la gouvernance. S’il est facile d’appréhender les considérations environnementales dans ce type de placements, l’investisseur a parfois des difficultés à concevoir ce que recouvre l’aspect social dans les investissements durables.
Plusieurs éléments ont récemment contribué à accroître l’implication des critères sociaux dans les investissements durables. La pandémie et la hausse des tensions sociales ont aiguisé l’attention sur les inégalités et les droits des travailleurs. Dans le monde de la gestion, l’aspect social est un élément qui est aussi davantage pris en considération. De ce fait, cette approche favorise une augmentation des investissements qui améliorent certaines situations sociales préoccupantes. Des réglementations de plus en plus exigeantes en matière de responsabilité sociale sont aussi propices à une meilleure qualité dans ce type de placements.
Prise en considération
Comment ces critères sociaux peuvent-ils être pris en considération par les gestionnaires ? Plusieurs approches permettent de favoriser la prise en compte de ces critères. Il y a d’abord les investissements ciblés sur certaines thématiques. Ensuite, la participation aux votes dans les assemblées générales des sociétés permet aussi d’avoir un impact sur ce volet. On peut également intégrer dans la gestion des fonds des critères sociaux précis.
Les gestionnaires définissent alors un ensemble de critères qui leur permettent de prendre en considération le facteur social. C’est ainsi que des critères comme la satisfaction sur le lieu de travail ou le nombre de femmes employées dans les postes de direction et les heures de formation sont scrutés.
Les investissements se font dans des grands thèmes sociaux sélectionnés préalablement. Les gestionnaires de fonds ESG peuvent aussi se baser sur les Objectifs de développement durable de l’ONU (ODD).
Mesurer l’impact
Les investissements avec un focus sur l’aspect social peuvent se faire via des fonds d’actions mais aussi dans des fonds qui investissent dans des social bonds. Ces obligations sont, soit des obligations d’entreprises qui financent des projets sociaux bien définis, soit des obligations d’Etat avec également un objectif social. Une fois que les investissements sont réalisés, il faut aussi pouvoir mesurer leur réel impact social. Il convient alors de mettre en place des outils de mesure efficaces.
Les outils de mesure en matière environnementale sont assez concrets et souvent bien définis. En matière sociale, cette mesure est parfois plus difficile à mettre en place mais les outils existent. Parmi ces outils, on peut citer l’accès des populations aux services de base (eau, éducation, santé), des critères liés à l’éducation comme le nombre d’étudiants, le nombre de patients admis dans les hôpitaux ou traités par des techniques ou des thérapies. On peut aussi mesurer la connectivité des populations à certains services de télécommunications, par exemple. Une attention particulière est aussi apportée à un environnement de travail sûr et aux performances en matière d’égalité des sexes.
Au niveau des entreprises, celles qui ne respectent pas les normes ou les conditions de travail appropriées risquent d’en subir les conséquences négatives sur leurs résultats commerciaux à long terme. Un bon environnement social, qu’il s’agisse d’un pays ou d’une entreprise, conduit à des conditions plus stables et peut entraîner une surperformance.