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Commentaire d’Ilya Vercammen, Chief Strategist chez Puilaetco et Nicolas Heusicom, Investment Specialist

Les États-Unis et l’Iran ont annoncé ce week-end un accord, dont la signature officielle est prévue en Suisse dans le courant de la semaine. Les principaux éléments comprennent un cessez-le-feu immédiat, y compris au Liban, la réouverture du détroit d’Ormuz et le déblocage des avoirs iraniens gelés – le dossier nucléaire iranien faisant l’objet de négociations ultérieures.

Les marchés boursiers ont réagi positivement à cette perspective de climat géopolitique plus stable, et les prix du pétrole ont baissé, reflétant l’atténuation des craintes liées aux perturbations de l’offre énergétique.

Cette évolution intervient à un moment clé. Une baisse durable des prix de l’énergie pourrait jouer un rôle important dans la diminution des pressions inflationnistes qui ont récemment repris.

Aux États-Unis, l’inflation a surpris à la hausse la semaine dernière, l’indice des prix à la consommation (IPC) augmentant de 3,8 % à 4,2 % en glissement annuel. Cela confirme que l’inflation reste tenace dans un contexte de demande robuste et de hausse des prix de l’énergie. La question est donc de savoir à quel point l’apaisement actuel sera durable et pourra contribuer à diminuer la dynamique inflationniste.

L’attention se tourne maintenant vers la réunion du 17 juin de la Fed, la première sous la direction de Kevin Warsh. Les attentes portent moins sur la décision de taux elle-même que sur l’orientation générale de la politique monétaire et le style de communication. Bien que M. Warsh souligne l’importance de l’indépendance de la banque centrale, ses déclarations antérieures suggèrent qu’il est ouvert à une révision du cadre politique actuel. La question est de savoir si la Fed s’en tiendra à une approche prudente, fondée sur les données, ou si elle enverra un signal plus fort en faveur de la lutte contre l’inflation. Notre scénario de base reste celui d’une position modérée et flexible, et la conservation d’une marge de manœuvre pour réagir rapidement si les pressions inflationnistes persistent.

En Europe, la Banque centrale européenne a récemment relevé ses taux d’intérêt pour freiner les risques d’inflation. Cette décision souligne la crainte que les pressions sur les prix soient plus persistantes que prévu, alors que la croissance économique montre des signes de ralentissement. La combinaison d’une moindre croissance et d’une inflation persistante continue de poser un dilemme aux banques centrales.

Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre devrait conserver une attitude prudente, mais plutôt restrictive. Bien qu’il y ait des premiers signes de ralentissement sur le marché du travail, l’inflation reste supérieure à l’objectif, ce qui plaide en faveur d’un cycle d’assouplissement progressif.

Au Japon, la Banque du Japon poursuit quant à elle son processus de normalisation et a relevé cette semaine son taux directeur à 1 %, son plus haut niveau depuis 1995. Sa politique reste toutefois très accommodante si l’on se place au niveau international.

En résumé, le climat géopolitique semble se stabiliser et les impacts sur la politique monétaire restent limités. Les banques centrales sont confrontées à un environnement où l’inflation est tenace et où la marge de manœuvre est limitée. Cela soutient le scénario d’une politique restrictive qui perdurera plus longtemps et confirme le discours « higher-for-longer » qui continue de dominer les marchés financiers.

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