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En collaboration avec Pictet Asset Management

Une entreprise brésilienne est devenue la cheffe de file de la révolution de l’acier vert, transformant une industrie peu connue pour son respect de l’environnement.

Énergivore et souvent dépendante des hauts fourneaux très polluants, l’industrie sidérurgique n’est pas un modèle de durabilité. Mais ce n’est pas une fatalité. Aço Verde do Brasil (AVB) en est un bon exemple. L’entreprise est en train de lancer sur la pointe des pieds une révolution durable.

Avec son business model axé sur le climat, une exception dans le secteur, AVB a recours à une alternative verte au charbon à coke, ainsi qu’à des énergies renouvelables et à une utilisation circulaire des matières premières afin de fabriquer des produits à faible impact carbone pour ses clients dans l’immobilier et les infrastructures. En 2020, l’entreprise, filiale de Grupo Ferroeste, est devenue le tout premier producteur d’acier neutre en carbone, certifié par SGS. D’ici la fin de cette année, elle prévoit d’exploiter la première aciérie zéro déchet au monde.

L’humble eucalyptus est au cœur du projet respectueux de l’environnement d’AVB. La plante met environ sept ans à pousser. Au cours de sa croissance, elle absorbe plus de carbone de l’atmosphère qu’elle n’en émet lorsqu’elle est brûlée au cours du processus de fabrication de l’acier. «Cela signifie qu’elle figure parmi les matières premières zéro émission», explique la co-PDG, Silvia Carvalho Nascimento.

C’est une différence majeure par rapport au processus traditionnel de fabrication de l’acier. «95% de l’acier dans le monde est produit de manière conventionnelle à partir de charbon à coke et de minerai de fer. C’est un processus qui libère beaucoup de CO2», explique Mme Nascimento. «Le Brésil est le seul endroit au monde où de l’acier est produit à partir de charbon d’eucalyptus.»

Ce choix a été fait tout d’abord parce qu’il semblait «tout naturel» compte tenu des ressources locales. «Notre entreprise est située au nord, dans la région la plus reculée du Brésil. Qu’avez-nous? Des terres pour des plantations. Une météo clémente. Beaucoup d’eau. Si vous vivez sur la plage, vous mangez plus de fruits de mer parce que c’est plus facile et moins cher», explique Mme Nascimento. «C’est la même chose avec le charbon. Aujourd’hui, près de 15 ans plus tard, nous réalisons que c’était la meilleure décision à prendre.»

Émissions par secteur

Sans énergie fossile

Non seulement le processus fait l’impasse sur le charbon, mais les usines d’AVB n’utilisent pas du tout de carburants fossiles. Au lieu de cela, ils obtiennent de l’énergie renouvelable en capturant le gaz dégagé par leurs propres fours.

L’entreprise réutilise également tous les résidus, des scories aux gaz. Cette approche unique et à forte valeur ajoutée lui permet de se démarquer pour de très bonnes raisons.

«Les matières premières ne sont pas comme une robe où on peut choisir le motif ou la couleur», explique Mme Nascimento. «Non, une matière première est une matière première. Vous devez donc trouver un moyen d’encourager les gens à vous l’acheter. Nous pensons que notre avantage concurrentiel sera dans notre bilan d’émissions de CO2.»

Cette stratégie permet également de réduire les coûts des matières premières à un moment où ils augmentent: «Ce qui est bon pour l’environnement est également bon pour moi, car vous consommez moins pour produire le même acier. Nous avons beaucoup de projets qui vont dans ce sens.»

Le futur est très prometteur quand on pense à l’intérêt international pour l’«acier vert» et à la croissance rapide de l’entreprise. Mais Mme Nascimento est très claire que pour sa famille, il ne s’agit pas seulement d’une question d’argent, mais aussi de préserver l’héritage de son père. Cette réflexion pérenne transparaît dans tout ce que fait AVB, depuis les programmes holistiques d’avantages au personnel jusqu’à son approche prudente pour préserver les forêts brésiliennes.

«Si je veux que mes enfants et petits-enfants continuent à faire grandir l’entreprise, nous devons nous occuper de l’origine de nos matières premières», conclut-elle.

KFI

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