Skip to main content

Les facteurs de soutien aux cours boursiers sont actuellement trop nombreux pour être ignorés.

A la fin du mois de mars, les spécialistes de La Financière de l’Échiquier ont tenu leur webinaire mensuel Au Cœur Des Marchés, Stéphane Van Tilborg (Country Head Benelux) remplaçant exceptionnellement Pierre Puybasset (Porte-Parole de la gestion) aux côtés de David Kruk (Responsable du trading desk) dans son tour d’horizon de l’actualité du mois écoulé, un contexte toujours marqué par une bonne résilience économique avec des indices boursiers, qui restent sur des niveaux proches de leurs records.

Confirmations

Alors qu’il s’était montré relativement prudent avant d’aborder le mois de mars (qui est traditionnellement difficile sur la bourse américaine), David Kruk reconnait que les marchés lui ont donné tort, avec des gains de 4% pour l’EuroStoxx 50, de 3% pour l’indice S&P500 et de 2% pour le Nasdaq. « Nous nous attendions à une phase de consolidation sur les marchés qui n’a finalement pas eu lieu. Les investisseurs ont ignoré les différents facteurs de risque, comme la croissance chinoise qui tarde à repartir, le risque politique américain pour la fin de l’année ou le niveau inquiétant des déficits dans plusieurs pays ».

Pour l’heure, il est contraint de constater que l’élan haussier se poursuit grâce à un contexte monétaire qui reste porteur, et un scénario de Goldilocks (2,5% de croissance et 2,5% d’inflation) qui se confirme au niveau américain. « La Fed continue de pointer vers trois baisses de taux pour le reste de l’année, avec de premiers mouvements qui devraient intervenir à partir du mois de juin ». David Kruk souligne également les changements qui sont en train de se produire en Europe, avec la première baisse du taux directeur pour la Banque de Suisse ou le revirement à 180 degrés de la Banque d’Angleterre, qui pointe désormais vers une baisse rapide du taux directeur suite à la chute de l’inflation.

Facteurs de soutien

Du côté des grands courtiers, David Kruk constate qu’il a eu l’occasion de lire beaucoup d’analyses passionnantes durant le mois écoulé. « Une note d’UBS a particulièrement retenu mon attention. Elle a mis en évidence deux fausses idées qui dominent actuellement sur les marchés. La première idée reçue est la frustration qui serait ressentie par les investisseurs d’avoir raté le mouvement de hausse, alors que plusieurs catégories d’intervenants rentrent seulement sur le marché. C’est notamment le cas du retail américain qui a commencé à acheter des actions en février 2024 après avoir été vendeur pendant plus d’un an ».

« La seconde est que les fonds systématiques seraient arrivés au bout de leur capacité d’endettement, alors qu’ils disposent encore d’une capacité significative d’augmenter leur leverage (estimée à plus de 500 milliards de dollars) pour accompagner le mouvement de hausse ». Sur la base de ces deux constantes, UBS estime que nous pourrions seulement être au début du mouvement de hausse.

David Kruk pointe également la forte collecte annoncée chez Merrill Lynch sur les marchés actions depuis le début de l’année, le niveau record des montants alloués pour les dividendes et les rachats d’actions, ainsi que les 8000 milliards de dollars parqués sur les fonds monétaires dont la rémunération est appelée à se réduire durant les prochains mois, lorsque la Réserve Fédérale va commencer à abaisser son taux directeur. « Ces éléments militent aujourd’hui pour une poursuite du mouvement de hausse ».

Facteurs de risque

Pour autant, de nombreux autres courtiers restent assez prudents sur le niveau actuel du marché américain, notamment JP Morgan ou Morgan Stanley qui tablent sur des reculs de l’indice S&P500 vers (respectivement) 4.200 et 4.500 points, et donc sur une correction majeure pour les prochains mois, causée par une recrudescence de l’inflation, par un niveau trop élevé des marges, et par le risque politique d’une ré-élection de Donald Trump.

David Kruk pointe d’ailleurs que parmi les risques évoqués par les clients à l’occasion du Fund Manager Survey publié mensuellement par Merrill Lynch, la principale crainte des investisseurs institutionnels concerne un retour des tensions inflationnistes durant les prochains mois. « Les derniers chiffres d’inflation pour le PPI (Producer Price Index) et le CPI (Consumer Price Index) en janvier et février ont clairement donné du crédit à cette inquiétude ».

Flux positifs

David Kruk souligne que le mois d’avril est traditionnellement un bon mois sur la bourse américaine, avec des supports qui devraient être fournis par les premiers résultats pour le premier trimestre. « Il sera intéressant d’observer les rotations susceptibles de se produire durant les prochaines semaines. D’autres valeurs prennent le relai des Magnificent Seven, et ce mouvement de déconcentration pourrait s’avérer positif pour les indices ».

« Il ressort également des études publiées le mois dernier que le contexte semble de plus en plus favorable aux petites capitalisations, que ce soit en raison d’un rythme plus rapide de croissance des résultats par action, d’un impact plus important de la baisse des taux sur leur valorisation, d’une hausse importante des flux financiers vers ce segment du marché ou d’une reprise des opérations de fusions & acquisitions », indique encore David Kruk.

Frédéric Lejoint

Author Frédéric Lejoint

More posts by Frédéric Lejoint