Skip to main content

Les ELTIF, pour European long-term investment funds, sont des fonds spécialement conçus par l’Union européenne comme des véhicules spécialisés dans les investissements de longue durée dans des projets d’infrastructure, des sociétés non-cotées ou des petites et moyennes entreprises (PME) cotées. Les ELTIF actuellement disponibles sur le marché sont principalement investis dans des grands investissements en infrastructures. « Mais, désormais, il y a aussi des ELTIF qui investissent dans du private equity soit par l’intermédiaire de fonds de fonds soit en direct dans le capital d’entreprises non cotées. Ces ELTIF sont alors des véhicules qui permettent au grand public d’avoir accès à cette classe d’actifs qui était auparavant réservée aux institutionnels ou aux grandes fortunes », explique Marc Tavakolian, Responsable des relations investisseurs chez ODDO BHF AM.

Une nouvelle offre

Dans cette offre ciblée sur le private equity, les sociétés de gestion peuvent « cloner » des fonds qu’elles avaient initiés pour les institutionnels. C’est le cas de ODDO BHF AM SAS avec son ELTIF « Nous voulons démocratiser cette classe d’actifs autrefois réservée à certains investisseurs », explique Marc Tavakolian. Concrètement, ce fonds investit à concurrence de 60% dans des fonds de private equity et de 40% en co-investissements. L’objectif est d’investir dans des sociétés déjà établies et matures avec un angle de durabilité. Cet univers de sociétés matures non cotées est potentiellement très large. Ce fonds est classé Article 8 selon SFDR. « Grâce à cette stratégie, l’ELTIF est potentiellement diversifié dans plusieurs centaines de sociétés via les fonds dans lesquels il investit à travers le monde. Notre approche a aussi pour objectif de financer des solutions pour répondre aux enjeux de demain dans des domaines tels que le stockage de l’énergie et le traitement de l’eau. », note encore ce responsable.

Quelles modalités ?

Le fonds est accessible dès un apport de 1.000 euros, ce qui démocratise l’accès au private equity. Il n’y aura pas d’appels de fonds successifs mais la période de souscription se terminera le 31 décembre 2025 au plus tôt (sauf prorogation). Ensuite, le fonds sera fermé. Il ne sera donc plus possible d’y entrer. Ce fonds aura une durée de 10 ans à partir de la période du lancement, avec une extension possible maximale de 2 ans (sur décision du conseil d’administration du Fonds). « Il ne sera donc pas possible de sortir de ce fonds durant cette période. Mais, il pourrait y avoir des retours de capitaux à partir de quatre ou cinq ans via des distributions. Ce n’est cependant pas une garantie », précise Marc Tavakolian. Cet investissement n’est donc pas liquide. L’investisseur peut entrer dans ce type de fonds avec des capitaux dont il n’aura pas besoin avant une dizaine d’années. Cet ELTIF ne procurera pas de coupons. Les frais de gestion annuels varient de 0,8 à 2.2% par an selon les parts. Bien sûr, ce type d’investissements en private equity n’est pas exempt de risques. Il y a des taux de défaut qui s’accompagnent souvent aussi de taux de récupération. La construction du portefeuille de l’ELTIF cherche cependant à limiter cette casse potentielle. « Plusieurs études académiques(1) ont montré une performance historique supérieure sur le long terme des investissements en private equity par rapport aux actions cotées », ajoute Marc Tavakolian, même si cela n’est pas sans risque.

Le private equity est par essence une classe d’actifs plus risquée. Grâce aux ELTIF cette poche d’investissement est désormais accessible aux investisseurs particuliers. Les sociétés dans lesquelles ce type de fonds investit ne sont pas cotées et la liquidité n’est pas au rendez-vous. Mais ce risque est, en principe, rémunéré par une prime potentiellement plus importante.

(1) Source : Hamilton Lane Data via Cobalt, Bloomberg (January 2024)

I.de.L

Author I.de.L

More posts by I.de.L