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César Pérez Ruiz, Chief Investment Officer et responsable des investissements Pictet Wealth Management.

Le moment des Faang

Si les tensions qui ont secoué le système bancaire américain semblent se stabiliser tandis que les bénéfices du premier trimestre sont globalement meilleurs qu’anticipé, il convient de rester prudent à l’égard des banques américaines, soumises à des pressions réglementaires accrues ainsi qu’à une vive concurrence pour les dépôts, mais aussi menacées par le risque de récession. Cette semaine, les géants technologiques américains (FAANG) seront sous les feux de la rampe. Sachant qu’ils affichent des valorisations élevées, ils ne peuvent se permettre de publier des résultats décevants. Les indicateurs économiques suggèrent toujours une entrée en récession prochaine pour l’économie américaine. En outre, plusieurs faillites très médiatisées et les inquiétudes concernant l’immobilier commercial laissent penser que des accidents sont à prévoir. Une forte hausse des spreads des CDS souverains montre aussi qu’il devient plus coûteux de s’assurer contre le risque de défaut de paiement des Etats-Unis. De fait, les spreads sont plus élevés qu’en 2011, année du dernier blocage sévère suscité par la problématique du plafond de la dette fédérale. A ce stade, on estime que le gouvernement atteindra ce plafond entre juillet et août… mais le Trésor américain pourrait se retrouver à court de liquidités dès le début du mois de juin en cas de mauvaises recettes fiscales. Cette perspective a provoqué un débat politique houleux et des distorsions sur le marché des bons du Trésor, avec notamment un plongeon de l’échéance à un mois malgré les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Fed la semaine prochaine.

De leur côté, les responsables de la Banque centrale européenne restent préoccupés par une inflation sous-jacente élevée et persistante, bien que le rapport sur les prix à la consommation de mars ait montré une modération de certains indicateurs pour la première fois au cours des
​21 derniers mois. Nous anticipons une hausse de 25 pb des taux de la BCE en mai, mais une hausse de 50 pb ne peut être totalement exclue. L’économie de la zone euro résiste mieux que celle des Etats-Unis, ce qui justifie notre préférence pour les actions européennes. Alors que la saison de publication des résultats du premier trimestre est plus avancée aux Etats-Unis, nous attendons davantage de bonnes surprises en Europe, où certaines entreprises choisissent de réduire leurs prix pour stimuler les volumes au détriment de la rentabilité. Au Royaume-Uni, l’inflation sous-jacente et l’inflation globale de mars se sont avérées supérieures aux attentes. Cette évolution, conjuguée à une augmentation des salaires plus forte qu’attendu, a conduit les marchés à revoir à la hausse leurs anticipations concernant les taux directeurs de la Banque d’Angleterre (BoE). Bien que cette dernière demeure préoccupée par la faiblesse de la croissance, nous tablons toujours sur une dernière hausse de 25 pb en mai.

La croissance du PIB chinois au premier trimestre ayant atteint 4,5%, chiffre nettement supérieur aux attentes, nous avons relevé nos anticipations pour l’année 2023 à 5,5%, contre 5,0% précédemment. Sur les marchés boursiers chinois, l’immobilier continue de sous-performer: malgré des signes de stabilisation, la reprise du secteur pourrait être limitée. Au Japon, la plus grande introduction en bourse depuis 2018 (Rakuten Bank) a montré que le marché des actions japonaises restait dynamique. Enfin, en Amérique du Sud, la décision du Chili de nationaliser ses mines de lithium rappelle que nous sommes à l’ère de la rareté.

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