Pictet Asset Management présente son baromètre du mois de mai. Même si aucune résolution du conflit en Iran ne se profile, les perspectives restent positives pour les actions des marchés émergents et des États-Unis. Pictet AM les relève toutes deux à surpondérer.
Allocation d’actifs: le calme après la tempête
La tempête qui a secoué les marchés financiers mondiaux semble s’être apaisée, du moins temporairement. De nombreuses incertitudes persistent toutefois: la guerre en Iran se poursuit, les navires restent bloqués dans le détroit d’Ormuz et les prix du pétrole continuent de grimper. Les scénarios les plus pessimistes évoqués il y a quelques semaines ne se sont néanmoins pas matérialisés, ce qui rend aujourd’hui le climat d’investissement plus favorable.
Dans ce contexte, les investisseurs peuvent à nouveau se concentrer sur des fondamentaux globalement positifs: liquidités mondiales abondantes, bénéfices d’entreprises solides, croissance économique stable, inflation modérée malgré des risques haussiers, et valorisations plus attractives qu’il y a deux mois pour plusieurs classes d’actifs. Cette situation justifie, selon Pictet AM, une position modérément favorable au risque, notamment via une exposition accrue aux marchés émergents, aux actions américaines et aux secteurs industriels.
Pictet AM conserve toutefois une allocation sélective et globalement neutre entre actions, obligations et liquidités, afin de ne pas dépendre d’un seul scénario macroéconomique ou géopolitique. Les indicateurs avancés continuent de signaler une activité économique résiliente dans la plupart des économies développées et dans une grande partie de l’Asie. Le scénario central reste celui d’une croissance mondiale de 2,8% cette année, avec une inflation moyenne autour de 3%.
Les risques restent toutefois orientés vers une croissance plus faible et une inflation plus élevée. Une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz pourrait entraîner une légère récession en Europe, dans certaines économies émergentes et potentiellement aux États-Unis. Dans ce scénario, les prix du pétrole resteraient compris entre 110 et 120 dollars le baril, contre environ 70 dollars avant le conflit.
L’impact du choc pétrolier varie selon les régions. Les économies émergentes résistent relativement bien, notamment les exportateurs d’énergie. Aux États-Unis, la fragilité du consommateur est partiellement compensée par les bénéfices attendus pour les producteurs pétroliers. En revanche, en Europe, le choc est clairement négatif: les perspectives de reprise s’affaiblissent et le risque de stagflation augmente. Pictet AM a ainsi abaissé sa prévision de croissance pour la zone euro à 0,9% et relevé sa prévision d’inflation à 2,7%.
Les conditions de liquidité continuent néanmoins de soutenir les actifs risqués. Les banques centrales restent prudentes et ne semblent pas pressées de durcir davantage leur politique monétaire. La liquidité mondiale progresse encore d’environ 7,4%, soit un niveau supérieur à sa tendance historique.
Les valorisations et les bénéfices des entreprises soutiennent également une prise de risque mesurée. Malgré le rebond des marchés, les valorisations restent inférieures aux sommets d’octobre 2025. La saison des résultats a été solide, particulièrement aux États-Unis, portée par la technologie, la finance et les matériaux.
Enfin, les indicateurs techniques témoignent d’un regain d’optimisme chez les investisseurs, sans excès d’euphorie. Le levier reste inférieur à la moyenne et les marchés continuent d’intégrer un niveau de volatilité élevé.
Secteurs et régions des actions: la liquidité et les bénéfices alimentent le rebond
Malgré des discussions de paix encore fragiles entre les États-Unis et l’Iran, des prix du pétrole élevés et des craintes de stagflation, plusieurs éléments soutiennent une vision plus positive de certains marchés actions.
L’abondance des liquidités privées et la solidité des bénéfices des grandes entreprises, notamment dans l’industrie, aux États-Unis et sur les marchés émergents, constituent les principaux facteurs de soutien. Les grands indices restent par ailleurs dominés par des sociétés de services, limitant l’impact immédiat de la hausse du pétrole sur les bénéfices.
Les actions américaines apparaissent particulièrement attractives grâce à des résultats solides, à des liquidités abondantes et à la poursuite des investissements dans l’industrie et l’IA. Les entreprises du S&P 500 devraient afficher une croissance des bénéfices d’environ 20% cette année et l’an prochain, soit le niveau le plus élevé depuis 2021.
Les marges bénéficiaires continuent également de progresser et devraient atteindre des niveaux records d’ici la fin de l’année.
Enfin, les États-Unis disposent de liquidités importantes pour absorber d’éventuels chocs externes. La liquidité générée par l’argent et le crédit devrait atteindre 2 500 milliards de dollars, soit 8% du PIB, contre 1 700 milliards et 6% du PIB l’an dernier. Dans ce contexte, Pictet AM relève les actions américaines à surpondérer.
Pictet AM relève également les actions des marchés émergents à surpondérer. Les bénéfices y affichent une forte dynamique et ces économies semblent relativement protégées face à la hausse des coûts de l’énergie.
Le contexte macroéconomique reste favorable, avec une croissance solide et un écart de croissance avec les marchés développés attendu à 2,6 points de pourcentage cette année. Les pays émergents bénéficient aussi du cycle de l’IA, notamment via des acteurs majeurs comme TSMC, Samsung et SK Hynix, qui représentent une part importante de l’indice MSCI émergents.
Pictet AM maintient une surpondération des actions chinoises, soutenues par des politiques de relance et par la vigueur des exportations liées à l’IA et à l’industrie, dans une économie relativement résiliente aux chocs externes.
Pictet AM reste neutre sur les marchés développés hors États-Unis, où les valorisations sont correctes mais l’incertitude liée aux tensions géopolitiques demeure.
Au niveau sectoriel, Pictet AM relève les valeurs industrielles à surpondérer, soutenues par les investissements mondiaux en infrastructures et la reprise manufacturière. Pictet reste également positif sur la technologie, en privilégiant les semi-conducteurs et le matériel plutôt que les logiciels, soutenus par les investissements massifs dans l’IA et les data centers.
À l’inverse, Pictet abaisse la santé à neutre et maintient la sous-pondération des biens de consommation discrétionnaire, pénalisés par la pression sur le pouvoir d’achat.
Vous trouverez le baromètre complet ici.


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