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Il est l’Or Monseignor

Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management.

L’or continue de battre des records. Et ce n’est pas terminé. Les achats constants des banques centrales sont un élément de soutien structurel. En janvier, les banques centrales ont déclaré avoir augmenté leurs réserves officielles d’or de 39 tonnes. Cela représente plus du double des achats nets de 17 tonnes en décembre, et le huitième mois consécutif d’achats nets. Sur l’année 2023, les achats d’or par les banques centrales ont atteint 620 tonnes – un record. Pour certaines banques centrales, il s’agit de réduire leur exposition au dollar. C’est le cas de la Chine. Pour d’autres, c’est juste une gestion fine de leurs réserves. C’est le cas de la Pologne, deuxième principal acheteur en 2023, par exemple.

A cela, il faut ajouter la forte demande de la part des particuliers en Asie. L’or est en passe de devenir le support d’investissement préféré des Chinois qui ont acheté massivement des bijoux, des pièces et des lingots en or à l’occasion des fêtes du nouvel an. Ce n’est pas un comportement qui fait plaisir aux autorités chinoises. Elles préfèreraient que l’épargne retourne dans l’immobilier ou sur le marché des actions. Cela explique, en partie, la contreperformance de la bourse chinoise depuis plusieurs mois.

Perspectives

L’inflation va être le point d’attention cette semaine avec la publication des prix à la consommation et des prix à la production aux États-Unis en février. Selon toute vraisemblance, l’indice des prix à la production devrait chuter sous le seuil symbolique de 3% sur un an. Attention toutefois, l’inflation est volatile. La flambée récente des prix de l’essence – qui constitue un marqueur important pour la consommation outre-Atlantique – est un point à surveiller. S’ajoutent à cela les pressions inflationnistes qui perdurent au niveau de l’alimentation, des coûts médicaux et des services d’hébergement (tourisme). Tout cela incite la Réserve Fédérale à la prudence et à ne pas baisser ses taux de manière précipitée, comme l’a rappelé son président, J. Powell, lors de son audition devant le Congrès la semaine passée. Selon nous, le cycle de baisse des taux devrait commencer au plus tôt en juin prochain et être de faible ampleur. Nous tablons sur trois baisses de taux de 25 points de base chacune cette année. C’est en ligne avec le consensus de marché. L’évolution de la conjoncture ne nécessite pas, à ce stade, d’aller plus vite et plus fort.

LFI

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