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César Pérez Ruiz, Chief Investment Officer et responsable des investissements Pictet Wealth Management.

Quatorze d’affilée

Les querelles politiques autour du plafond de la dette américaine semblent derrière nous, mais l’histoire n’est pas terminée pour les marchés financiers. Après la signature par le président Joe Biden la semaine dernière d’un projet de loi visant à suspendre le plafond de la dette et à éviter un défaut de paiement, les investisseurs s’inquiètent d’une émission massive d’obligations à court terme permettant au département du Trésor de se refinancer. Les liquidités du secteur financier risque d’être impactée si les investisseurs se ruent sur les bons du Trésor, épuisant les réserves excédentaires des banques à mesure que les dépôts absorberont la nouvelle dette publique. Mais les fonds du marché monétaire, qui disposent (au 2 juin) de 2140 milliards de dollars de liquidités placées dans la facilité de prise en pension à 24 heures de la Fed (ON RRP) pourraient également se porter acheteurs. Dans le cas (probable) où les bons du Trésor nouvellement émis offriraient des rendements supérieurs au taux ON RRP (5,05%), ces fonds alloueraient une partie de leurs liquidités aux nouvelles émissions, ce qui réduirait d’autant le montant de la facilité de la Fed. Après l’accord sur la dette, les marchés se concentrent à nouveau sur les fondamentaux économiques. La Fed a du pain sur la planche: l’économie a encore créé 339 000 emplois non agricoles en mai, un chiffre qui excède les anticipations pour le 14e mois consécutif. Mais cette performance ne concorde pas avec les enquêtes auprès des entreprises et la hausse du taux de chômage, passé de 3,4% à 3,7%, suggère que le marché de l’emploi perd de son dynamisme. La Fed devrait maintenir ses taux inchangés lors de la réunion de juin, avant d’envisager une nouvelle hausse de 25 points de base en juillet.

L’Arabie saoudite se prépare à réduire sa production de pétrole d’un million de barils par jour afin de soutenir les cours, qui ont chuté de 11% en mai en raison des inquiétudes liées à la croissance. Sur les marchés actions, le S&P 5001 est resté quasiment stable en mai. Les six premiers titres de l’indice l’ont fait progresser de 2,9%, mais cette hausse a été en grande partie compensée par le recul des autres titres, ce qui souligne la concentration extrême des performances aux Etats-Unis. Les titres du premier décile représentent désormais 74% de la capitalisation boursière du S&P 500. Nous sous-pondérons les actions américaines et privilégions la gestion active.

L’inflation globale en zone euro a ralenti à 6,1% en mai, contre 7,0% en avril, et l’inflation sous- jacente à 5,3%, contre 5,6%. Malgré une désinflation visible, la Banque centrale européenne (BCE) souhaite que les prix refluent davantage et devrait relever son taux directeur de 25 points de base à 3,5% à la mi-juin. Le taux de chômage en zone euro a reculé à 6,5% en avril, contre 6,6% le mois précédent. Le PIB suisse a augmenté de 0,3% en glissement trimestriel entre janvier et mars, alors que l’économie allemande se contractait de 0,3%. Nous prévoyons une croissance du PIB suisse de 1% en 2023, puis de 1,3% en 2024.

En Chine, les indicateurs demeurent décevants. L’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) de l’industrie manufacturière a reculé à 48,8 en mai, contre 49,2 en avril. Les services ont mieux résisté. Sur une note plus inquiétante, le secteur immobilier chinois peine toujours à se redresser. Cette situation a incité les autorités à adopter de nouvelles mesures de soutien au secteur, ce qui a déclenché un rallye des actions chinoises en fin de semaine.

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