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Les pandas sont de retour

César Pérez Ruiz, CIO et responsable des investissements Pictet Wealth Management.

La rencontre entre le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping la semaine dernière a donné l’occasion aux deux dirigeants de reprendre un dialogue constructif, marquant un relâchement des tensions entre les superpuissances salué par les marchés. En clôture de la réunion, Xi Jinping a indiqué que la Chine enverrait de nouveaux pandas aux Etats-Unis en tant qu’«émissaires de l’amitié». En point d’orgue cette semaine, nous suivrons la publication des indices des directeurs d’achats (PMI) et Thanksgiving – qui permettra d’établir un nouveau bilan de santé de la consommation – tandis qu’un géant américain de la distribution a déclaré la semaine dernière qu’il avait constaté une «baisse plus marquée» des ventes au cours de la deuxième quinzaine d’octobre et qu’il faudrait «repenser la santé du secteur de la consommation». La baisse plus faible que prévu des ventes au détail le mois dernier a souligné la résilience toujours présente des consommateurs américains, mais également un ralentissement de la croissance de la consommation. Les derniers chiffres de l’indice des prix à la consommation (IPC) ont fait ressortir une inflation globale et sous-jacente en glissement annuel inférieures aux attentes en octobre. Bien que tous les indicateurs ne soient pas au vert pour la Fed, il s’agit d’un pas dans la bonne direction qui ferme probablement la porte à de nouveaux relèvements de taux. Le ralentissement économique était également apparent dans l’enquête NFIB sur les petites entreprises d’octobre, qui a montré une 22e baisse consécutive de son indice d’optimisme. On constate un net ralentissement aux Etats-Unis et dans autres économies; la question clé est de savoir s’ils peuvent éviter la récession. Sur le plan politique, le Congrès a adopté un projet de loi de financement à court terme pour financer une partie des dépenses publiques jusqu’au 19 janvier et d’autres secteurs des dépenses publiques jusqu’au 2 février 2024. Ces annonces ont favorisé les actions, à l’image du S&P 500, en progression de 2,3%1 (en USD) sur la semaine, suite à la baisse des rendements des bons du Trésor à 10 ans à 4,4%. L’indice Russell 2000 des petites capitalisations a bondi de 5,5%2 (en USD), soutenu par la baisse des coûts de financement. Sur les marchés du crédit, les titres Investment Grade ont rebondi. À l’inverse, les valeurs plus risquées sont restées à la traîne. Nous maintenons notre préférence pour les obligations Investment Grade de qualité supérieure.

En Europe, la cour constitutionnelle allemande a retoqué une décision budgétaire portant sur l’affectation de 60 milliards d’euros, portant un nouveau coup à la coalition au pouvoir et soulevant des questions sur la viabilité des plans de dépenses vertes à moyen terme de Berlin. La croissance du PIB de la zone euro a été confirmée à -0,1% en glissement trimestriel au troisième trimestre. Nous apprécions les Bunds, en raison de la dynamique de croissance plus faible en Europe et de la duration ajoutée récemment. Les actions européennes ont progressé de 2,9% sur la semaine (en euros). Au Royaume-Uni, l’inflation a fortement diminué en octobre à 4,6% en octobre, contre 6,7% en septembre, confortant ainsi notre conviction selon laquelle la Banque d’Angleterre (BoE) baissera ses taux à un moment donné au milieu de l’année prochaine. Cette semaine sera marquée par la présentation du budget du gouvernement britannique.

En Chine, le renforcement de la dynamique continue d’être soutenu par les aides budgétaires. Les nouvelles émissions d’obligations d’Etat sont ressorties à RMB 1 600 milliards en octobre, sur fond d’émissions d’obligations spéciales de refinancement des collectivités locales et de concentration en début de période («front-loading») des émissions d’obligations spéciales des collectivités locales. Nous continuons d’anticiper des mesures de soutien politique supplémentaires de la part du gouvernement chinois, en raison de la fragilité de la reprise. En Amérique latine, l’Argentine connaît son «moment Trump» avec l’élection à la présidence de Javier Milei, qui a remporté 56% des voix. Reste à voir s’il pourra mettre en œuvre les réformes économiques promises.

1 Source: Pictet WM AA&MR, Thomson Reuters. Performances passées, S&P 500 Composite (rendement net sur 12 mois en dollars): 2018, -4,38%; 2019, 31,5%; 2020, 18,4%; 2021, 28,7%; 2022, -18,1%.
2 Source: Pictet WM AA&MR, Thomson Reuters. Performances passées, Russell 2000 (rendement net sur 12 mois en dollars): 2018, -11,0%; 2019, 25,5%; 2020, 20,0%; 2021, 14,8%; 2022, -20,4%.

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