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La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever son taux directeur de 25 points de base lors de sa réunion du 11 juin, le portant à 2,25 %. Selon Michael Krautzberger, CIO Public Markets chez Allianz Global Investors, cette décision s’inscrit pleinement dans la trajectoire annoncée par l’institution ces derniers mois. Malgré un contexte économique plus fragile, la lutte contre l’inflation demeure la priorité de la BCE.

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Une inflation toujours trop élevée

Le principal argument en faveur d’un nouveau relèvement des taux reste la persistance des pressions inflationnistes. En mai, l’inflation dans la zone euro est remontée à 3,2 % sur un an, bien au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la BCE.

Cette accélération est largement liée à la hausse récente des prix de l’énergie. Les cours du pétrole évoluent désormais nettement au-dessus des hypothèses retenues par la BCE dans ses projections de mars, ce qui devrait conduire à une révision à la hausse des prévisions d’inflation. Selon AllianzGI, celle-ci pourrait rester proche de 3 % en 2026 avant de converger plus lentement vers l’objectif de la banque centrale.

Par ailleurs, les tensions sur les prix ne se limitent plus à l’énergie. Les premiers signes d’un élargissement des pressions inflationnistes apparaissent dans plusieurs catégories de biens de consommation, suggérant l’émergence d’effets de second tour.

Les leçons de l’après-Covid

La BCE semble déterminée à ne pas répéter les erreurs commises après la pandémie. À l’époque, la hausse de l’inflation avait été jugée temporaire, ce qui avait retardé la réaction de la banque centrale. Cette prudence avait finalement conduit à un cycle de resserrement monétaire beaucoup plus brutal.

Aujourd’hui, l’institution préfère agir de manière préventive. Dans un environnement marqué par des chocs d’offre récurrents, qu’ils soient énergétiques ou géopolitiques, attendre des signes plus clairs de ralentissement économique pourrait accroître le risque d’un désancrage des anticipations d’inflation.

Une croissance plus faible, mais résiliente

Le contexte économique s’est néanmoins fragilisé. Les tensions au Moyen-Orient et le conflit avec l’Iran alimentent l’incertitude et pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages à travers la hausse des prix de l’énergie.

Les perspectives de croissance de la zone euro pourraient ainsi être légèrement revues à la baisse. AllianzGI estime toutefois que l’économie européenne conserve une résilience suffisante pour absorber un resserrement monétaire supplémentaire. Cette solidité relative offre à la BCE la marge de manœuvre nécessaire pour poursuivre son action.

Quelles perspectives pour les investisseurs ?

Après la hausse attendue en juin, AllianzGI envisage encore un dernier relèvement de 25 points de base en septembre. Une nouvelle hausse dès juillet nécessiterait une détérioration significative des perspectives d’inflation, notamment sur les composantes sous-jacentes.

À l’inverse, une pause ne serait probablement envisagée qu’en cas de ralentissement économique plus marqué ou d’un recul plus rapide que prévu des pressions inflationnistes.

La BCE poursuit donc une stratégie de resserrement graduelle mais déterminée. Contrairement à la Réserve fédérale américaine, qui semble disposée à patienter davantage malgré une croissance soutenue par les investissements liés à l’intelligence artificielle, l’institution européenne privilégie une approche proactive afin de ramener durablement l’inflation vers son objectif.

Pour les investisseurs, cela signifie que les taux d’intérêt en zone euro devraient rester relativement élevés encore quelque temps, tandis que le retour de l’inflation vers 2 % devrait s’effectuer progressivement.

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