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Commentaire d’Ilya Vercammen, Chief Strategist chez Puilaetco et Nicolas Heusicom, Investment Specialist

Le thème de l’intelligence artificielle apparait en toile de fond de l’évolution actuelle des marchés et des messages des banques centrales pour ceux qui savent lire entre les lignes.

On le sait, les investissements dans l’IA sont un réel moteur de la croissance économique et soutiennent les marchés boursiers depuis plusieurs trimestres. Néanmoins, l’optimisme aveugle des débuts cède peu à peu la place à une analyse plus poussée des résultats économiques de ce cycle d’investissement.

Ces derniers jours, une certaine nervosité s’est manifestée sur les marchés, résultant de plusieurs facteurs: des anticipations de hausse des taux d’intérêt, des incertitudes géopolitiques et une prise de conscience croissante que le marché est fortement concentré sur un nombre limité de thèmes, notamment ceux de la technologie et de l’IA. Dès lors, de légers changements d’anticipations (qu’il s’agisse des taux d’intérêt, de la dynamique des dépenses d’investissement ou de géopolitique) ont tendance à se traduire par des variations plus marquées sur les marchés.

L’impact de l’IA se fait doublement sentir

D’une part, l’IA stimule la croissance grâce à des investissements massifs dans la technologie et les infrastructures. Les entreprises augmentent considérablement leurs dépenses d’investissement afin de renforcer leur position dans la chaîne de valeur de l’IA, ce qui booste l’activité de différents secteurs.

Mais d’autre part, des tensions apparaissent. La forte demande émanant des centres de données met les chaînes d’approvisionnement sous pression. Dans des segments tels que les puces mémoire, cela peut entraîner des pénuries et des hausses de prix, avec des répercussions sur des activités technologiques plus larges. Par ailleurs, la hausse des investissements accroît les besoins de financement des entreprises, dans un contexte où les taux d’intérêt ne baissent plus. Cela rend l’environnement économique plus complexe.

L’IA n’est plus seulement considérée comme un facteur de croissance structurel, mais aussi comme une source potentielle de pressions inflationnistes. Alors qu’on tablait auparavant sur l’impact positif de gains de productivité, on constate que les contraintes de production et de coûts sont des freins non négligeables. Il faudra suivre l’évolution de ces forces contraires. Pour l’instant, les marchés continuent de faire preuve de confiance dans ce cycle d’investissement, tout en se montrant plus sensibles aux revers.

De notre côté, nous avons récemment réexaminé une partie de notre exposition aux actions. Nous avons notamment pris des bénéfices sur notre position dans les marchés émergents, qui montre une excellente performance depuis le début de l’année, notamment grâce à son exposition au secteur technologique via plusieurs sociétés actives dans les semiconducteurs et qui prend de plus en plus de place dans l’indice. Ce faisant, nous consolidons ainsi nos bénéfices et réduisons le risque de concentration dans le secteur technologique. Une partie des bénéfices a été réinvestie dans des obligations d’État américaines, à un moment où l’évolution des taux d’intérêt joue à nouveau un rôle plus important.

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