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Nelly Davies, Fund Manager, LFDE.

Si la Bourse constitue un levier essentiel de financement et de croissance pour les entreprises européennes, le marché des introductions en bourse (IPO) a connu ces dernières années une contraction historique particulièrement marquée pour les petites et moyennes entreprises. Or un changement de dynamique semble se profiler favorisé par des évolutions réglementaires européennes et le support des investisseurs.

Aujourd’hui le nombre d’IPO de small et mid caps en Europe est environ deux fois inférieur à celui observé avant la crise financière de 2008-2009. En parallèle, le financement privé a capté une part plus importante des entreprises en phase de croissance. Cette raréfaction des nouvelles cotations a progressivement réduit l’univers d’investissement coté et contribué à la décote observée sur de nombreuses petites et moyennes valeurs. Or une cote dynamique est vitale : elle favorise le renouvellement du marché, améliore sa visibilité auprès des investisseurs et permet d’accompagner les futurs leaders européens dès les premières phases de leur développement. Sans ce renouvellement, les marchés risquent de perdre leur capacité à financer l’innovation et la croissance.

Changement de dynamique

Investisseurs en entreprises depuis 35 ans, nous observons actuellement un changement de dynamique qui pourrait marquer un tournant pour les petites et moyennes capitalisations européennes. Les initiatives européennes issues du règlement européen Listing Act [1], dont les dernières évolutions sont entrées en application en juin dernier, constituent, selon nous, une avancée importante pour relancer l’attractivité des marchés financiers. En simplifiant les procédures de cotation, en allégeant la charge administrative et en facilitant la transition des marchés de croissance vers les marchés réglementés, ces mesures contribuent à rendre la cotation à nouveau attractive pour les petites et moyennes entreprises. Ces évolutions, qui pourraient générer près de 100 millions d’euros d’économies annuelles pour les entreprises cotées par la seule simplification des exigences réglementaires [2], sont particulièrement importantes dans le contexte actuel : la souveraineté économique européenne passe par notre capacité à financer nos entreprises de croissance, qu’il s’agisse de technologies, d’industrie, de cybersécurité, de santé ou de transition énergétique. Ce sont précisément les petites et moyennes entreprises qui constituent le principal vivier d’innovation et les futurs champions européens.

Pour les investisseurs, il s’agit également d’un enjeu majeur. Historiquement, les périodes de réouverture du marché primaire ont souvent coïncidé avec un regain d’intérêt pour les petites valeurs. Après plusieurs années de désaffection, les small et mid caps européennes affichent encore des niveaux de valorisation historiquement attractifs par rapport aux grandes capitalisations, l’écart de valorisation étant à son plus bas niveau depuis 20 ans [3], alors même que leurs perspectives bénéficiaires sont portées par des thèmes structurels puissants. Au cœur des grandes thématiques de croissance liées à la réindustrialisation, à la transition énergétique, à la défense ou à la souveraineté technologique, le segment des small et mid caps soutient l’économie réelle et représente un formidable vivier pour la gestion de conviction.

Si la gestion active offre aux entreprises un accès durable aux financements, elle permet  aux investisseurs de prendre part à la création de valeur sur le long terme. Le retour d’un marché primaire plus dynamique aurait un double effet vertueux : il permettrait aux entreprises de financer leur croissance tout en attirant de nouveau l’attention des investisseurs vers une classe d’actifs souvent négligée ces dernières années. Nous en sommes convaincus, investir dans les petites et moyennes entreprises européennes contribue à la dynamique économique européenne en construisant un écosystème industriel robuste, capable de faire émerger les champions européens de demain.

[1] Publié au Journal officiel de l’Union européenne en novembre 2024 et finalisé en juin 2026, le Listing Act vise à assurer aux entreprises européennes, notamment les small et mdi caps, l’accès aux financements en particulier via les marchés boursiers.

[2] Commission Européenne, 2024

[3] MSCI 2025, écart entre l’indice MSCI Europe SMID Cap et le MSCI Europe Large Cap

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